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Travail archéologie
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la rue de près
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mémorisation
collective
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influences

La rue est le témoin du flux sanguin urbain. La connexion des individus passe par elle. Elle favorise et entraîne dans son énergie, les aimants de l’instant. C’est un  passage obligatoire que nous devons tous emprunter pour faire société.
Elle est invisible dans son immensité et pointilleuse dans ses détails. Vue de haut, elle se décline en ruelles, impasses, avenues et boulevards. Tous se rejoignent en des croisements racontant l’histoire géographique de la cité. Des flux humains les traversent, des individus s’y posent, d’autres même y vivent. Tous se croisent, souvent sans se voir et s’observer.
 

déflagration dans le marais   promenade nécro rue St Sabin
 
C’est donc elle qui me fournit la matière première de mon travail de collage, généreusement et gratuitement. Il n’y a qu’à s’arrêter pour voir et lever la main pour recueillir ce qu’elle nous donne. Les supports se livrent à l’occasion de débarras et orientent par leurs formes les formats des œuvres. Les cadres sont plus rares mais sont une récompense venant clore ou inaugurer une œuvre.

Enfin les affiches sont les couleurs du peintre, ses modèles et ses formes.
Les détails se cachent dans les pixels, dans les abrasures murales, dans les rides des passants. Les poussières qui s’en échappent floutent légèrement la vision et halent le regard, laissant la lumière se poser sur chaque détail,

La rue est une galerie urbaine à ciel ouvert. Pour ceux qui savent y voir les œuvres qu’elle y  recèle, c’est un lieu propice à l’admiration et aux plaisirs visuels. Pour les autres, elle est publique et s’expose dans sa norme, en ligne droite, utilitaire, dénuée de poésie et de surprise.

Pour ma part, je souhaite l’utiliser comme support d’exposition impromptu, comme lieu d’exposition réapproprié et proposé aux passants et aux privilégiés qui auront fait le détour pour découvrir mon travail.
La rue est mon atelier. J'y traîne et lorgne ce qu'elle peut m'offrir, toujours prompt à saisir sa proposition.
Pour certains, c'est sûr, rien à déclarer, s'y faufiler au mieux par nécessité.
Pour les autres c'est l'instant qui dure trop, le rebut incarné, la misère des misères. 
C'est dans ces tréfonds que je scrute. Là où personne ne veut regarder. Je m'y arrête et j’examine les indices qui parlent d'eux-même, si tant est qu'on leur offre une oreille et un œil attentifs.
 
Mon travail de collage commence par là. Circuler partout, particulièrement sur les grands axes, là où le flux permet aux immobiles de se cacher. Là où les crocheteurs de conscience jettent leur filet et attendent patiemment que les regards se posent là où on les attire.
 
Je repère mes proies. Elles sont toujours vieillissantes et alourdies de trop nombreuses semaines d’exploitation. Des fissures se remarquent aux encoignures. La pluie, le vent, le froid ont bien œuvré pour moi. Doucement le poids des communications cède à la gravité et s’affaisse tel un gisant sans vie.

 mur sans plus d`affiche archéologie picturale
 
C’est ce moment que j’attends. Bien sûr, il m’arrive de l’y aider. De presser, de ci de là, la matière pour accélérer sa chute. Et d’un coup, le tout s’effondre au sol dans un fracas de papier durci. Un rouleau comme un corps sans tête qui tombe sur l’asphalte dans un bruit sourd.
Et je me vois comme un brancardier, soutenant ce trésor pour l’allonger dans ma voiture en lui promettant que tout ira bien et qu’une vie nouvelle l’attend.

C’est ma joie et ma matière première. Un mystère toujours entier qui ne dévoilera ses secrets qu’une fois mon travail d’archéologue accompli. Avant, ce n’est que du potentiel qui creuse les mains et tasse le dos. Mais cette matière est précieuse. Ce sont mes couleurs et mes pinceaux ; c’est ma voix et mon expression future.

Tel un archéologue patient, je dévoile ensuite une à une les couches sédimentées depuis des lustres. Par fragments, je décompose déjà l’original qui n’a plus lieu d’être. Un décollage progressif qui livre ses secrets historiques. Sa petite voix se perd derrière les couleurs et les signes. Quelques images résiduelles refont surface à ma mémoire pour mieux disparaître dans le fatras amalgamé des piles qui s’organisent par genres, couleurs, signes.
C’est mon antichambre de l’inspiration. Une sorte de temps précompté qui agit comme un piston à pression pour mieux jaillir dans un instinct physique. A ce moment, ce sont les mains qui guident les yeux et composent presque seules chacune des recollures picturales. Un temps de transe joyeuse et musicale. Une danse de papier, de scratches sonores et de coups de pinceau colleux.
 
A ce terme, le gué est déjà à moitié franchi. Je peux retourner me promener, cette fois dans une nature moins urbaine mais tout autant inspirante…

 
 
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